jeudi 16 août 2012

Chronique : Toi contre moi (Jenny Downham)





Titre VO :You against Me
Titre VF : Toi contre Moi
Auteure : Jenny Downham
Poche- Pocket Jeunesse- 502 pages, 7euros60
Sortie Française : 21 juin 2012 pour l'édition poche; 1er juin 2011 pour le grand fromat






Synopsis :


 Si quelqu'un blesse votre sœur et que vous êtes n'importe quel homme, vous cherchez la vengeance, n'est-ce pas ?


Si votre frère est accusé d'un terrible crime et que vous êtes le seul témoin, vous bannissez tous les doutes pour le défendre. N'est-ce pas ce que chaque famille ferait ?


Quand la sœur de Mikey clame qu'un garçon l'a attaqué à une fête, son monde où seul le travail et les filles comptent commence à tomber en morceaux.
Quand le frère d'Ellie est accusé de ce crime mais qu'il persiste à dire que c'est faux, son monde de révisions, d'examens et d'adaptation dans son nouveau lycée commence à s'assombrir.
Quand Mikey et Ellie se rencontrent, deux mondes entrent en collision.

Courageux et contre toute épreuve, ce roman est un livre qui parle d'être extraordinaire et de pouvoir supporter d'impossibles tensions. C'est un roman sur la sincérité, ainsi que tous les choix qui vont avec.
Mais par-dessus tout, c'est un livre sur l'amour - pour une famille aussi bien que pour l'autre.

Mon avis :

Waoh, waoh, waoh. Voilà en gros ma critique en trois mots. Toi contre moi... est un livre... fort, vraiment fort, merveilleux et déchirant à la fois. Je n'ai même pas de mots, il fait partie des livres qui vous prennent, puis vous retournent, face au monde, et là vous le voyez d'un autre angle et il vous dit ''Alors, quel est le côté le plus moche ?"

  Ce livre est un cri comme une douce histoire, il mélange tant de choses, à travers lui, milles questions se posent, nous bousculent, nous bouleversent. On nous tient, on nous jettent, et on nous reprend, il y a des livres comme ça.

Je pourrai passer des heures entières à vous dire combien Jenny Downham est merveilleuse, je n'ai lu que deux de ses romans (les seuls à ce que je crois) et ... je l'adore, je l'adore ! C'est fou tout ce qu'elle peut nous faire ressentir, la force de ses histoires est incroyable... J'ai testé un jour, Je veux vivre, et aujourd'hui Toi contre Moi... et ma conclusion est bien la même, Jenny écrit d'une façon... bien à elle, mais tellement merveilleuse, elle ne cherche pas a rendre le monde bon, il ne le sera jamais, au contraire, elle nous montre tant de chose de la vie courante, la notre, celle de n'importe qui, elle rentre dans des détails qui nous rapproche de l'histoire, des personnages, de la situation, elle décrit des choses, banales, mais celles ci deviennent... grande, immenses, belles, même les choses moches. Ne parlons pas de la façon dont elle modèle les sentiments, les personnages, ici pas d’héroïne, pas de héros, mais des humains, faibles, courageux, lâches, rêveur...

Cette histoire en plus d'être merveilleuse, de nous faire frissonner, ronger les doigts, attendre impatiemment, s’inquiéter, hoqueter de surprise, de frustration, et entre les ''oh nooon !" elle nous donne aussi une petite claque, parce que c'est un peu ce qu'on Ellie et Miceky, et nous sommes obliger de l'avoir aussi.

Bien que le récit soit à la troisième personnes, on alterne entre Ellie et Mikey et je dois dire qu'on est tellement pris dés le début que je n'avais même pas vu qu'on racontait la vie de Mikey au lieu que ce soit lui qui raconte, et oui, l'écriture de Jenny fait ça aussi, elle nous englobent totalement, on a l'impression d'être Ellie ou Mikey; et des fois, on les observe. 

Toi contre  moi, c'est une histoire d'amour. Mais c'est une grande histoire de fraternité. Les liens du sang avant tout, que feriez-vous pour votre soeur ou votre frère ? Le vengeriez-vous s'il lui était arrivé malheur, seriez-vous capable de mentir poure lui, tout en le sachant coupable ? Des questions brulantes qui nous envahisse dans ce livres. Est-ce que Mikey et Ellie ont raison de faire ce qu'ils font? La vérité est dure, peut-on seulement la supporter, porter son fardeau ? Toi contre moi n'est pas un livre facile, ce n'est pas une histoire d'amour simple; elle est bien plus complexe que ce qu'on en laisse entendre, il a tant de chose qui s’immisce entre l'amour d'Ellie et Mikey, leurs famille en premier lieu. Mais les deux sont des battants, et ce livre est un combat, contre le monde, le monde entier. 

Tout au long du récit, on sent la force monter, à des moments on se croit invincible, porter par les évènements, à d'autres, on est posé, on se croit perdu, puis les réflexions afflux, nous perdent encore, nous obligent à regerder autour de nous; c'est un vrai tourbillon qui nous emporte. Évoluer dans les situations de Mikey et Ellie n'est certe pas facile, mais c'est une belle histoire d'amour, qu'on aurait pu croire inimaginable, dure, mais réelle, forte, vrai.


Les personnages sont vraiment touchants, tous autant qu'ils sont, vraiment, même Tom. Au tout début, on pourrait croire que Mikey est un sale gosse des rues, il vit dans un immeuble, pas un meilleur quartier, il est pauvre, il a toute les filles qu'il veux... j'avais une vision bien étroite de Mikey... et bien non, pas du tout, Mikey, comme le dit ça mère est sans doute, plus faible qu'il ne pourrait le faire voir, c'est un garçon comme un autre, avec une certaine sensibilité et un sens de la famille, la sienne, il l'aide. Attention, il n'est pas parfait, mais je trouvais qu'il était déjà bien assez, son originalité. Peu vu dans les livres pour moi, mais j’ai adoré Mikey et son rêve de cuisine, ponctué de Jacko, son ami infaillible, que l'on apprécie, et de Dex, patron du pub dans lequel il travaille, qui lui donne tant sa chance à bout de bras, Mikey n'a peut être pas une situations familiale qui tient la route, mais il est entouré d'une ou deux personnes qui lui donne quelque chose. 
  La mère de Mikey, elle, au début, on pourrait elle aussi la croire autre, une mauvaise mère, et c'est vrai qu'elle fait de sacré écarts, et qu'elle n'est pas très présente, mais elle se reprend - quoique toujours avec sa bouteille -  Karyn, sœur et victime n'est plus qu'une pâle ombre d'elle même, elle souffre, on entrevoit la terreur qui l'habite après son viol, qui ne peut qu'être vrai, on est aussi un peu à la place de son frère tiraillé par beaucoup de responsabilités. Holly est adorable du haut de ses huit ans et rajoute au recit une pointe de blanc d'un un monde gris terne 

Du côté Parker, c'est diffèrent, la famille d'Ellie ce n'est pas pareil, c'est plutôt du côté riche bourgeois qui peuvent avoir ce qu'ils veulent, y comprit, de très-très bons avocats... mais être riche ne signifie pas être heureux, certes les Parker l'était, mais c'était avant que leur fils soit incriminé de viol, ce qu'il dément, hors sa sœur sait... Ellie est forte tout en étant faible, elle subit beaucoup de pression dû a son frère, et la vérité l'écrase .. Mais notre gentille fille a des accents rebelles. quand sa mère est un peu pâle, elle aussi, a des ressources et nous étonne, son père lui est plutôt dépassé par les évènements..
Quand à Tom... et bien il est touchant par moment, mais au fond, il n'est pas vraiment le gentil petit garçon blond, même si le procès le détruit, il y a une part de noir en lui..

Les personnages nous entrainent dans un tourbillon ou chacun doit faire face, mais surtout nos deux héros, mêler avec leurs désirs l'un pour l'autre, un roman de vie, mais bien plus, quelque chose de si fort que vous en garderait le souvenir indéfiniment, c'est le genre de livre qui reste en mémoire, pour tout ce qu'il évoque, tout ce qu'il prônent, montre, démonte, un livre battant, un livre à la fois doux et brut. 

 Je n'ai pas pleuré sur la fin, car au contraire, mais en y ressemblant vraiment, quand Je veux vivre finissait vraiment mal, mais en même temps, un mal si beau, et avec un part de réel bien, celui ci finit bien, tout jolie, mais avec une part de Mal qui se cache.. jolie fin..

Je ne sais même plus quoi dire tant j’ai aimé ce livre.. .
 
Petites citations :

"Bon, comment tu appelles un mouton sans pattes ?
  Elle plissa le nez pour réfléchir. C'était mignon. Elle avait sur l'arête du nez une accumulation de tâches de rousseur qu'il n'avait jamais remarquée auparavant. 
 - Je donne ma langue au chat. 
- Un nuage"

"Écoute, dit-il, [...] Oui, le procès va être un cauchemar, et oui, ton père est un con, et oui, ma mère continue de boire du Sherry au petit déjeuner et le cache dans le séchoir en espérant que personne ne s'en aperçoive. Les miracles ne se font pas en une nuit [...] "


Petites informations :

Toi contre moi est le second roman de Jenny Downham, son premier roman, Je veux vivre, (qui fut pour moi un coup de cœur) a été récemment adapté au cinéma, la bande annonce ici, et ci dessous les couvertures du livre (VF) , l'affiche du film, et son résumé.ainsi que la seconde couverture française de Toi contre Moi

 
 

Quelques mots sur l'auteure :


Jenny Downham est née en 1964. Elle a été comédienne dans les dans les hôpitaux et les foyers pour jeunes. Je veux vivre (éditions Plon, 2008) est son premier roman. Il a connu un immense succés en Angleterre, aux Etat-Unis et en Hollande.
Toi contre Moi a paru en 2011 chez le même éditeur.
Elle vit aujourd’hui à Londres avec ses deux jeunes filles.


2 commentaires:

  1. J'avais vraiment beaucoup apprécié Je veux vivre que j'avais lu en grand format dès sa sortie, c'était le premier livre de ce genre que je lisais mais avec le recul des années j'ai l'impression d'avoir tout oublié de lui à part quelques scènes du coup je n'ai pas eu envie de lire Toi contre moi et bingo ! Je passe sur ton blog, je lis ton avis en entier et que ce passe-t-il ? Ayé j'ai envie de le lire ! Ralalala tant de blogs tentateurs ... Monde cruel de la littérature *oui je fais ma martyre XD* Heureusement qu'il est sorti en poche (enfin je crois), je pourrais me le procurer plus facilement (vivement les sous de Noël moi j'dis XD)

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    1. Complétement d'accord avec toi pour les dernière phrase! :)Il est bien sorti en poche, c'est d'ailleurs le format que j'ai ;) (relie Je veux vivre ! :D )

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