dimanche 31 mars 2013

Petit Billet : Journal d'un vampire ( Comte Dracula )

 



Titre VO : The original Vampire Diaries
Titre VF : Journal d'un Vampire
Auteur : Comte Dracula
Traduction : Thierry Bonhomme
Editions Contre-dire - 160 pages - 14 Euros - relié en format poche
Sortie française : 1 mars 2011





4éme de couverture :

Vladimir Dracula est le vampire le plus connu dans le monde et l'un des piliers de la société des morts-vivants. Comme il est sujet de fascination; il a décidé de livrer sa pensée intime aux malheureux mortels en publiant son journal. Ses propos sont d'une angoisse saisissante. 

Mon avis :

Ceci est un tout petit livre fort sympathique; sur un Vampire connu dans le monde entier, Vladimir Dracula !
Ici c'est lui même qui nous compte un an de sa vie, des jours comme ça, avec des évènements plus ou moins important.. Rien de bien extraordinaire là-dedans, mais c'est une petite pause charmante, pour rire, avec l'humour particulier de Dracula, je dirais ... Sanglant ! Particulier, noir, mais fort sympathique.
  Le livre en lui même est charmant, à tenir en main, avec sa couverture dure, et ses pages, sur les bords noir, et à l'intérieur lisse, et décorée, rien d'un livre traditionnel. Un journal en fait ! La richesses des images, documents et autres est ce qui m'a bien plus, c'est vraiment très agréable, en plus d'être original et drôle !
  Un poil décalé et dérangé; il n'en reste pas moins amusant, un charmant journal en conclusion; riche et farfelu !

Je dois avouer que l'arbre généalogique m'a bien fait rire...  surtout quand j'ai vu la participation des Cullen.. et bien d'autre !


vendredi 29 mars 2013

Corpus poèmes ( Nerval - Hugo - Baudelaire - Verlaine -Apolinaire)

Encore un peu de poésie, avec une étude de Corpus réalisé sur 5 poèmes différents, d'auteurs contemporain. Parlant, bien entendu, d'amour.. on peut dire que c'est un commentaire littéraire en quelque sorte, bonne lecture aux intéressés ! 
Une allée du Luxembourg ( G. Nerval)

Elle a passé, la jeune fille
Vive et preste comme un oiseau
À la main une fleur qui brille,
À la bouche un refrain nouveau.

C'est peut-être la seule au monde
Dont le coeur au mien répondrait,
Qui venant dans ma nuit profonde
D'un seul regard l'éclaircirait !
Mais non, - ma jeunesse est finie ...
Adieu, doux rayon qui m'as lui, -
Parfum, jeune fille, harmonie...
Le bonheur passait, - il a fui !


(V. Hugo)
 
Elle était déchaussée, elle était décoiffée,
Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ;
Moi qui passais par là, je crus voir une fée,
Et je lui dis : Veux-tu t’en venir dans les champs ?

          Elle me regarda de ce regard suprême
Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,
Et je lui dis : Veux-tu, c’est le mois où l’on aime,
Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?



Elle essuya ses pieds à l’herbe de la rive ;

Elle me regarda pour la seconde fois,

Et la belle folâtre devint alors pensive.

Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !



Comme l’eau caressait doucement le rivage !

Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,

La belle fille heureuse, effarée et sauvage,

Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.

A une passante (Charles Baudelaire)

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !


Mon rêve familier (Paul Verlaine)  


Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l'ignore.
Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.


Loreley (Guillaume Appolinaire)

 
À Bacharach il y avait une sorcière blonde
Qui laissait mourir d'amour tous les hommes à la ronde

Devant son tribunal l'évêque la fit citer
D'avance il l'absolvit à cause de sa beauté

Ô belle Loreley aux yeux pleins de pierreries
De quel magicien tiens-tu ta sorcellerie

Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits
Ceux qui m'ont regardée évêque en ont péri

Mes yeux ce sont des flammes et non des pierreries
Jetez jetez aux flammes cette sorcellerie

Je flambe dans ces flammes ô belle Loreley
Qu'un autre te condamne tu m'as ensorcelé

Evêque vous riez Priez plutôt pour moi la Vierge
Faites-moi donc mourir et que Dieu vous protège

Mon amant est parti pour un pays lointain
Faites-moi donc mourir puisque je n'aime rien

Mon cœur me fait si mal il faut bien que je meure
Si je me regardais il faudrait que j'en meure

Mon cœur me fait si mal depuis qu'il n'est plus là
Mon cœur me fit si mal du jour où il s'en alla

L'évêque fit venir trois chevaliers avec leurs lances
Menez jusqu'au couvent cette femme en démence

Vat-en Lore en folie va Lore aux yeux tremblant
Tu seras une nonne vêtue de noir et blanc

Puis ils s'en allèrent sur la route tous les quatre
La Loreley les implorait et ses yeux brillaient comme des astres

Chevaliers laissez-moi monter sur ce rocher si haut
Pour voir une fois encore mon beau château

Pour me mirer une fois encore dans le fleuve
Puis j'irai au couvent des vierges et des veuves

Là haut le vent tordait ses cheveux déroulés
Les chevaliers criaient Loreley Loreley

Tout là bas sur le Rhin s'en vient une nacelle
Et mon amant s'y tient il m'a vue il m'appelle

Mon cœur devient si doux c'est mon amant qui vient
Elle se penche alors et tombe dans le Rhin

Pour avoir vu dans l'eau la belle Loreley
Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil







Dans cette étude de Corpus sur des poèmes d'auteurs français du 19eme jusqu'au début du 20 eme siècle, nous répondrons à la question suivante; quel portrait du poète peut on brosser à partir du regard qu'il jette sur la femme? En mettant en avant les moyens qui nous on permit de faire ce portrait,  avec les figures de style, les citations...

On peut dresser un portrait général du poète comment étant un amoureux inconditionnel.
En effet, on peut deviner que le poète est un homme qui a connu l'amour, sous différente formes. Avec tout d'abord celle du poète heureux, qui se souvient du bel amour qu'il a connu, et dont il a pu profité, pour un court temps, presque éphémère, dont il se souvient avec nostalgie bien heureuse, alors qu'il a vieillit. Comme on le voit dans les poèmes de Gérard de Nerval, et Victor Hugo. Dans '' Une allée du Luxembourg" de Nerval, on peut affirmer que c'est un amour passé avec les vers suivant et leurs temps aux passé '' Elle a passé, la jeune fille - Qui venant ... - ... ma jeunesse est finie... - Adieu d’où rayon qui m'a lui - Le bonheur passait, - il a fui! '' C'est clairement un amour d'un temps, qui aujourd'hui est loin du poète et le rend nostalgique dans sa vieillesse, se souvenant des joies d’antan et de ce bonheur touché; comme Hugo nous le montre a travers des vers tel que '' oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois ! - Comme  l'eau caressait  doucement le rivage! '' La force de ses sentiments étant accentué par la ponctuation, qui vient taper la fin du verbe, et le ''comme'' en début, qui renforce cet effet lui aussi. Les points d'interrogation dans le poème de Victor Hugo, nous renseigne encore sur le bonheur éprouvé à ce moment, l'insouciance porté par l'amour qui fait du poème un heureux auteur. 
On note tout de même une note de mélancolie dans le poème de Nerval, faisant de lui quelqu'un de penseur, qui se souvient avec émotions de ce qu'il a connu, et perdu, cette caractéristique du poète, nous la retrouvons dans les poèmes de Charles Baudelaire et Paul Verlaine, avec des vers tels que '' Moi je buvais, crispé comme un extravagant - Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être! O toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais'' qui renforce aussi le fait que le poète soit la un amoureux transit, Beaudelaire nous offre pour description de ses sentiments et de son amour, des belles phrase, ou il transforme des mots, en leur donnant un autre sens sur une note chantante, comme avec ''Dans son oeil, ciel livide ou germe l'ouragan'' où l'oeil est métamorphosé en ciel,rien qu'en juxtaposant les deux mots, et ou l'ouragan comme une plante y germe comme dans la terre. Ici aussi la force du poème est retransmise par la ponctuation avec l'exclamation et l'interrogation. Ces caractéristiques sont aussi présentes chez Verlaine avec  ''et mon cœur, transparent, Pour elle seul, Hélas - et les moiteurs de mon front blême, Elle seul sait le rafraichir - Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a, L'inflexion des voix chères qui se sont tues.'.
 Dans ses deux poèmes le poète est un auteur rêveur, bercé par son récit onirique, comme on l'observe dans des vers tels que '' Je fais souvent ce rêves étrange et pénétrant -  Un éclair ... puis la nuit, fugitive beauté, dont le regard m'a fait soudain renaître, Ne te verrai-je plus que dans l'éternité?". Avec le ''la Vie'' de Verlaine, au vers 11 de son poème, il souligne le fait d'être un poète qui en veut presque à la vie, et le plonge dans une mélancolie propre aux poètes. Qui ont tous deux laissé passé leurs amour éphémère, et en souffre. Cependant, dans le portrait du poète, comme dans le poème de guillaume Apolinaire,''Loreley'' il est difficile d'y brossait un portrait du poète correctement, en plus du fait que le narrateur change à un moment pour devenir la belle qui afflige ses tourments aux malheureux. 
Dans ce cas ci, on pourrait presque dire que ce poème est un intrus dans notre corpus, bien qu'on puisse noté comme caractéristique au portrait du poème le fait qu'il est admiratif de la Loreley, cette sorcière, avec des vers comme '' O belle Loreley aux yeux plein de pierreries - De quel magicien tiens-tu ta sorcellerie ? '' et transit '' Je flambe dans ses flammes O belle Loreley - Qu'un autre te condamne tu m'as ensorcelé'' désespéré d'aimer une sorcière qui fait tombé bien nombre d'homme sous ses charmes, jusqu’à la mort. L'absence total de ponctuation donne l'effet de malléabilité du récit, pour le lecteur, qui peut l'imaginer à son gré, bien qu'au premier abord, il parait étrange et dur de lire et comprendre ce poème. Ce qui rend le poème et le poète innovant et original dans son époque.

En conclusion, on peut brosser du poème un portrait tel que le suivant, en amoureux transit, nostalgique de ses amours passés, perdus, mais aimés avec force particulière, éphèmére, dont on se souvient dans sa vieillesse, mélancolique et qui donne encore à rêver au auteur, au joie et déboire amoureux de leurs jeunesse.


Si ce billet vous a plus, en allant que les chroniques, au fil de mes envies, vous pourrez retrouver d'autre commentaire littéraire, sur des textes, des poèmes... Bonne lecture !

mercredi 6 mars 2013

Poème : Soir d'hiver d' Emile Nelligan. (commentaire littéraire)



   Alors, changeons un peu d'habitude. Pour cette fois ci se sera un commentaire littéraire que j'ai rédigé pour les cours, mais que j'avais envie de partager avec vous, comme ça, je trouvais l'idée intéressante. Certes, mon commentaire est trééés long, tourne autour de la même chose, ressasse, il est aussi trés loin d'être parfait, et de suivre une organisation scrupuleuse, mais je l'ai juste partagé parce que j'en en avais envie. Alors, bonne lecture aux courageux qui voudrais s'aventurer ! 

Il se concentre sur une étude du poème ''Soir d'Hiver'' d'Emile Nelligan, que je vous mets en dessous, il traite ainsi aussi de l'auteur, par la même occasion. 




Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu'est-ce que le spasme de vivre
Ô la douleur que j'ai, que j'ai!


Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire: Où vis-je? où vais-je?
Tous ses espoirs gisent gelés:
Je suis la nouvelle Norvège
D'où les blonds ciels s'en sont allés.


Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.


Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu'est-ce que le spasme de vivre
A tout l'ennui que j'ai, que j'ai!...

 

 


      Émile Nelligan, écrivain remarquable du tournant du siècle, est le poète le plus aimé et le plus admiré du Canada français. Figure romantique à la carrière littéraire tragiquement écourtée, c'est lui qui a fait passer la poésie canadienne-française dans l'ère moderne. Né d'un père Irlandais et d'une mère québécoise le 24 décembre 1879; il plonge vite dans la mélancolie; publiant quelques petits poèmes dans des journaux, inspirés des auteurs romantiques et symbolistes de son époque, et publiant un recueil pus tard, alors même qu'il était interné dans un asile, et ce pour le restant de ses jours, jusqu'en Novembre 1941. Ces poèmes tournent autour de la folie, de la musique, de l'amour et de la mort, comme on le voit dans ''Soir d'Hiver'' un de ses célèbres poèmes. Quelles sont les lignes directrices de ce poème symboliques d'Emile Nelligan ? 

 Nous parlerons d'abord de la force de ses sentiments, et des nuances dans lesquelles il joue; puis des moyens mis en œuvre pour les montrer, notamment par le cadre de la nature.




        A travers ''Soir d'Hiver'' Emile Nelligan nous fait passer, ressentir nombre d'émotions, plus forte les une que les autres, elles miroitent toutes ensemble, et prennent la forme qu'il veut bien leur donner. En effet, c'est une terrible impression de glace qui nous gèle sur place dans le poème. C'est un effet que veux nous donner le poète pour faire ressortir toute la souffrance qui l'habite, la douleur qui semble le ronger. la terreur qui le hante. Nelligan, grand dépressif utilise la poésie pour s'échapper de ses douloureux sentiments, qui prennent le lecteur presque aux tripes par leurs forces tel que '' O ! la douleur que j'ai, que j'ai !'' où il insiste . On note l'absence, un sentiment qu’éprouve le poète, comme si lui même était absent de son propre corps, avec ''Je suis la nouvelle Norvège - D'où les blonds ciels s'en sont allés;'' comme si lui était parti, c'est aussi un sentiment d'impuissance, comme si c'était involontaire de sa part. Il y a tout de même un aspect chantant qui vient adoucir la force des émotions. Bien que la répétition des point d'exclamation sonne comme un marteau qu'on abat en fin de phrase. On ressent sa tristesse et sa détresse avec ''Pleurez mes pleurs'' ou le son [p] répété nous donne une douce impression, bien que l’effet soit plutôt mélancolique. On note aussi qu'au début du texte, lorsque nous avions la douleur, celle si ce transforme en ennuie, au dernier vers '' Ah ! tout l'ennuie que j'ai, que j'ai !'', après avoir répété le premier paragraphe, pour appuyer en répétition, et donner un air de chanson au poème, on observe une dernière progression, où le mal habitant l'auteur c'est transformé en ennuie, peut être plus terrible encore, qui clôture le tout, le condamne, sans échappatoire. 

     En outre, ce que l'on remarque notamment c'est cette opposition du noir et du blanc, consente. Comme le doux et le fort, avec de forts sentiments brulants adoucis par un lyrisme chantant. Mais surtout cette opposition entre ces deux couleurs qui n'en sont pas, ce sont des auxiliaires, qui ne dit donc pas couleur, ne pourrait donc dire pas de vie, et une sorte d'enfermement dans un monde sombre noir. D'où la seule lumière, le blanc, serait la neige que Nelligan voit d'une fenêtre. Connaissant le passé de Nelligan on peut faire un rapport avec l'asile ou il fut enfermé.'' Mon âme est noire, Ou vis-je? ou vais- je ?'' on le sens totalement perdu dans les tréfonds sombres de son âme.; ces deux questions nous font autant réfléchir que le poète, elles nous arrêtent et nous donnent à penser, c'est là un bel effet d'Emile Nelligan, qui nous donnerai 
comme dernière référence avec son opposition du noir et du blanc, une opposition de la vie et de la mort.  

      Également, on peut voir à travers ce poème un effet de reflet, d'illusion, bien présente. On à l’impression d'un rêve enneigé, aux travers d'une vitre, ''Ma vitre est un jardin de givre'' ce serait son jardin secret, son jardin de sombres pensées, froides et figées comme le givre, dénudé de couleur, de vie, mais pourtant, le givre est quelque chose de beau. C'est aussi une belle illusion de la vie et de la mort, ou nous sommes les spectateurs, ce ses ''étangs gisant gelés'' dans  ce tout petit et presque virelangue, l'étang pourrait lui aussi être une vitre, un miroir, ou l'auteur y verrait son reflet, figé, triste. Il se voit, progresser, de la douleur à l'ennuie, il s’imagine

 


   Emilie Nelligan dans son poème, nous fait ressentir une myriade d’émotions, toute fortes, mais sombres, terrifiantes, douloureuses, et extrêmement mélancoliques, qui nous plongeraient presque dans une douce tristesse.Car pour nous immerger dans son illusion, son rêve, il utilise la nature comme moyen d'y parvenir, cette nature aux accents chantants, et lyriques, belle et figée, comme on peut le remarquer. 



 
      En effet, la nature est comme porteur de ses sentiments, par le décor, il joue avec avec les éléments stylistiques dont il dispose, la symbolique des mots, leurs sens. On remarque un décor planté dans un paysage hivernal, aussi beau que triste. Car c'est un paysage magnifique qui fait rêver et pourtant, sa beauté tuerait qui conque risquerait de survivre dans un froid mortel. C'est là encore une belle opposition, qui nous fait nous émerveiller et nous repousse en même temps. L'impression de froid constante, du au fait que le décor soit planté en hiver est renforcé par l'assonance omniprésente de ''j'', qui est dans '' les étangs gelés'' mais aussi dans des vers tels que '' Où vis-je ? Ou vais-je ? Tout ses espoirs gisent gelés ; je suis la nouvelle Norvège''. Il fait aussi référence à un autre pays que celui ou il semble vivre, et nous éloigne, toujours vers un décors vide, tout comme lui, comme il nous le fait savoir, aux travers de son poème ''soir d'hiver''
 ''Au sinistre frisson des choses'' ce vers nous donne l'impression que la nature frissonne, alors qu'elle ne le peux pas, pourtant à ses yeux, on dirait qu'un vent de terreur a soufflé à sa vitre, sur le doux et froid paysage. Tout n'est que désolation, longue mélancolie.


       Mais aussi, le poète va jusqu'à parler ''aux oiseaux de fèvrier'', leur demandant de pleureur, appuyant sa détresse. ''Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses'' Il veut qu'ils pleurs les larmes que lui ne peut verser; on retrouve les fleurs les plus belles, les fleurs de la passion, de l'amour, dans son poéme pourtant si noir et blanc, si froid et terne, celles-ci viennent mettre une touche de couleur, d'un rouge éclatant, mais pourtant assombri.  On associe les sons répétés à la nature, les [p] des pleurs, les [j]; mais surtout, on s'arrête sur cette phrase qui parait grotesque aux premiers abords ''Ah ! comme la neige a neige!'' ce vers est  tout un mystère à lui même, répété plusieurs fois dans le poème, il veut tout et rien dire à la fois. On pourrait l'associer à l'état mental du poète, mais on pourrait bien aussi pensé à une autre forme pour cette phrase, qui serait traduite comme '' Ah! que le temps a passé!'' comme il défile, sans qu'on puise le rattraper, sans que Nelligan, impuissant derrière sa vitre ne puisse faire quoi que ce soit. Quand au "Spasme de vivre", il reste lui aussi mystérieux, comme si la vie avait voulu prendre Nelligan au dépourvu, comme si l'air avait manqué, et qu'il suffoquait. C'en serait presque  un oxymore, car un spasme représente bien souvent le dernier mouvement avant une mort inévitable. Encore une ravissante opposition que nous offre là Emile Nelligan, de sa belle plume. 




        En conclusion, Emile Nelligan manie les sentiments dans ses poèmes avec brio, en alliant les opposés, tels que les noirs et les blancs ensemble pour créer encore plus de force qu'il réussit déjà à en dégager dans son poème, par de nombreux moyens, qui rendent ''Soir d'Hiver'' unique, et orignal, par les répétitions, les allitérations, qui nous font ressentir la glace, la fixation, comme reflet à la propre âme du poème, son état. Tout n'est que mélancolie, tristesse, enfermement, posé sur un décor allant avec ses sentiments, mais pourtant d'une réel beauté. Nelligan utilise la nature comme un allié dans son poème, et file ses émotions sur le fil du temps, comme sur le fil d'une araignée. Certaines caractéristiques du poème nous amène directement à son état mental, et nous rappelle l'asile ou il fut enfermé, et la détresse qui a pu en ressortir.  On peut retrouver des caractéristiques de ''Soir d'Hiver'' dans d'autre poème de Nelligan comme ''Le vaisseau d'or,'' lui aussi célèbre. Ou encore, "La romance du Vin", qui fut retenue dans les mémoire, comme étant le dernier poème lu par l'auteur. 

Petit point :

Parce que tout le monde ne retient  pas ce qu'on apprends en cours (de français) pour nombres de raison, j'ai voulu faire un tout petit rappel, pour ceux qui ne saurais pas ce qu'est un oxymore, ou une allitération, pour aider ! 

Oxymore : Rapprochement de deux mots dont le sens est apparemment inconciliable. 
Ex: ''Cette obscure clarté'' (Pierre Corneille)

Allitération : Répétition d'une consonne. 
Ex : ''Il pleut tout simplement il pleut sans un pli sans une plaie.
 Sans gifles aux palais plaquant sans plomb de grêle.
 Sans trombes de sel sur les places.
 Il pleut sans plus. (Aragon)

    
Virelangue : Un virelangue (ou casse-langue ou fourchelangue) est une locution (ou une phrase ou un petit groupe de phrases) à caractère ludique, caractérisée par sa difficulté de prononciation ou de compréhension orale, voire des deux à la fois. On parle aussi de trompe-oreilles lorsqu’une phrase est difficile à comprendre et donne l’impression d’être en langue étrangère.
Ex :  Les chaussettes de l'archi-duchesse, sont-elles sèches ou archi-sèches ?