vendredi 29 mars 2013

Corpus poèmes ( Nerval - Hugo - Baudelaire - Verlaine -Apolinaire)

Encore un peu de poésie, avec une étude de Corpus réalisé sur 5 poèmes différents, d'auteurs contemporain. Parlant, bien entendu, d'amour.. on peut dire que c'est un commentaire littéraire en quelque sorte, bonne lecture aux intéressés ! 
Une allée du Luxembourg ( G. Nerval)

Elle a passé, la jeune fille
Vive et preste comme un oiseau
À la main une fleur qui brille,
À la bouche un refrain nouveau.

C'est peut-être la seule au monde
Dont le coeur au mien répondrait,
Qui venant dans ma nuit profonde
D'un seul regard l'éclaircirait !
Mais non, - ma jeunesse est finie ...
Adieu, doux rayon qui m'as lui, -
Parfum, jeune fille, harmonie...
Le bonheur passait, - il a fui !


(V. Hugo)
 
Elle était déchaussée, elle était décoiffée,
Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ;
Moi qui passais par là, je crus voir une fée,
Et je lui dis : Veux-tu t’en venir dans les champs ?

          Elle me regarda de ce regard suprême
Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,
Et je lui dis : Veux-tu, c’est le mois où l’on aime,
Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?



Elle essuya ses pieds à l’herbe de la rive ;

Elle me regarda pour la seconde fois,

Et la belle folâtre devint alors pensive.

Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !



Comme l’eau caressait doucement le rivage !

Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,

La belle fille heureuse, effarée et sauvage,

Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.

A une passante (Charles Baudelaire)

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !


Mon rêve familier (Paul Verlaine)  


Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l'ignore.
Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.


Loreley (Guillaume Appolinaire)

 
À Bacharach il y avait une sorcière blonde
Qui laissait mourir d'amour tous les hommes à la ronde

Devant son tribunal l'évêque la fit citer
D'avance il l'absolvit à cause de sa beauté

Ô belle Loreley aux yeux pleins de pierreries
De quel magicien tiens-tu ta sorcellerie

Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits
Ceux qui m'ont regardée évêque en ont péri

Mes yeux ce sont des flammes et non des pierreries
Jetez jetez aux flammes cette sorcellerie

Je flambe dans ces flammes ô belle Loreley
Qu'un autre te condamne tu m'as ensorcelé

Evêque vous riez Priez plutôt pour moi la Vierge
Faites-moi donc mourir et que Dieu vous protège

Mon amant est parti pour un pays lointain
Faites-moi donc mourir puisque je n'aime rien

Mon cœur me fait si mal il faut bien que je meure
Si je me regardais il faudrait que j'en meure

Mon cœur me fait si mal depuis qu'il n'est plus là
Mon cœur me fit si mal du jour où il s'en alla

L'évêque fit venir trois chevaliers avec leurs lances
Menez jusqu'au couvent cette femme en démence

Vat-en Lore en folie va Lore aux yeux tremblant
Tu seras une nonne vêtue de noir et blanc

Puis ils s'en allèrent sur la route tous les quatre
La Loreley les implorait et ses yeux brillaient comme des astres

Chevaliers laissez-moi monter sur ce rocher si haut
Pour voir une fois encore mon beau château

Pour me mirer une fois encore dans le fleuve
Puis j'irai au couvent des vierges et des veuves

Là haut le vent tordait ses cheveux déroulés
Les chevaliers criaient Loreley Loreley

Tout là bas sur le Rhin s'en vient une nacelle
Et mon amant s'y tient il m'a vue il m'appelle

Mon cœur devient si doux c'est mon amant qui vient
Elle se penche alors et tombe dans le Rhin

Pour avoir vu dans l'eau la belle Loreley
Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil







Dans cette étude de Corpus sur des poèmes d'auteurs français du 19eme jusqu'au début du 20 eme siècle, nous répondrons à la question suivante; quel portrait du poète peut on brosser à partir du regard qu'il jette sur la femme? En mettant en avant les moyens qui nous on permit de faire ce portrait,  avec les figures de style, les citations...

On peut dresser un portrait général du poète comment étant un amoureux inconditionnel.
En effet, on peut deviner que le poète est un homme qui a connu l'amour, sous différente formes. Avec tout d'abord celle du poète heureux, qui se souvient du bel amour qu'il a connu, et dont il a pu profité, pour un court temps, presque éphémère, dont il se souvient avec nostalgie bien heureuse, alors qu'il a vieillit. Comme on le voit dans les poèmes de Gérard de Nerval, et Victor Hugo. Dans '' Une allée du Luxembourg" de Nerval, on peut affirmer que c'est un amour passé avec les vers suivant et leurs temps aux passé '' Elle a passé, la jeune fille - Qui venant ... - ... ma jeunesse est finie... - Adieu d’où rayon qui m'a lui - Le bonheur passait, - il a fui! '' C'est clairement un amour d'un temps, qui aujourd'hui est loin du poète et le rend nostalgique dans sa vieillesse, se souvenant des joies d’antan et de ce bonheur touché; comme Hugo nous le montre a travers des vers tel que '' oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois ! - Comme  l'eau caressait  doucement le rivage! '' La force de ses sentiments étant accentué par la ponctuation, qui vient taper la fin du verbe, et le ''comme'' en début, qui renforce cet effet lui aussi. Les points d'interrogation dans le poème de Victor Hugo, nous renseigne encore sur le bonheur éprouvé à ce moment, l'insouciance porté par l'amour qui fait du poème un heureux auteur. 
On note tout de même une note de mélancolie dans le poème de Nerval, faisant de lui quelqu'un de penseur, qui se souvient avec émotions de ce qu'il a connu, et perdu, cette caractéristique du poète, nous la retrouvons dans les poèmes de Charles Baudelaire et Paul Verlaine, avec des vers tels que '' Moi je buvais, crispé comme un extravagant - Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être! O toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais'' qui renforce aussi le fait que le poète soit la un amoureux transit, Beaudelaire nous offre pour description de ses sentiments et de son amour, des belles phrase, ou il transforme des mots, en leur donnant un autre sens sur une note chantante, comme avec ''Dans son oeil, ciel livide ou germe l'ouragan'' où l'oeil est métamorphosé en ciel,rien qu'en juxtaposant les deux mots, et ou l'ouragan comme une plante y germe comme dans la terre. Ici aussi la force du poème est retransmise par la ponctuation avec l'exclamation et l'interrogation. Ces caractéristiques sont aussi présentes chez Verlaine avec  ''et mon cœur, transparent, Pour elle seul, Hélas - et les moiteurs de mon front blême, Elle seul sait le rafraichir - Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a, L'inflexion des voix chères qui se sont tues.'.
 Dans ses deux poèmes le poète est un auteur rêveur, bercé par son récit onirique, comme on l'observe dans des vers tels que '' Je fais souvent ce rêves étrange et pénétrant -  Un éclair ... puis la nuit, fugitive beauté, dont le regard m'a fait soudain renaître, Ne te verrai-je plus que dans l'éternité?". Avec le ''la Vie'' de Verlaine, au vers 11 de son poème, il souligne le fait d'être un poète qui en veut presque à la vie, et le plonge dans une mélancolie propre aux poètes. Qui ont tous deux laissé passé leurs amour éphémère, et en souffre. Cependant, dans le portrait du poète, comme dans le poème de guillaume Apolinaire,''Loreley'' il est difficile d'y brossait un portrait du poète correctement, en plus du fait que le narrateur change à un moment pour devenir la belle qui afflige ses tourments aux malheureux. 
Dans ce cas ci, on pourrait presque dire que ce poème est un intrus dans notre corpus, bien qu'on puisse noté comme caractéristique au portrait du poème le fait qu'il est admiratif de la Loreley, cette sorcière, avec des vers comme '' O belle Loreley aux yeux plein de pierreries - De quel magicien tiens-tu ta sorcellerie ? '' et transit '' Je flambe dans ses flammes O belle Loreley - Qu'un autre te condamne tu m'as ensorcelé'' désespéré d'aimer une sorcière qui fait tombé bien nombre d'homme sous ses charmes, jusqu’à la mort. L'absence total de ponctuation donne l'effet de malléabilité du récit, pour le lecteur, qui peut l'imaginer à son gré, bien qu'au premier abord, il parait étrange et dur de lire et comprendre ce poème. Ce qui rend le poème et le poète innovant et original dans son époque.

En conclusion, on peut brosser du poème un portrait tel que le suivant, en amoureux transit, nostalgique de ses amours passés, perdus, mais aimés avec force particulière, éphèmére, dont on se souvient dans sa vieillesse, mélancolique et qui donne encore à rêver au auteur, au joie et déboire amoureux de leurs jeunesse.


Si ce billet vous a plus, en allant que les chroniques, au fil de mes envies, vous pourrez retrouver d'autre commentaire littéraire, sur des textes, des poèmes... Bonne lecture !

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